Le conte de fées des meilleurs managers
8000 Dollars. Pour cette somme modeste le CEO Thomas Ryan était disposé à participer à un tournoi de golf de bienfaisance, organisé par son entreprise pharmaceutique. Mais ne vous inquiétez pas: le type ne va pas mourir de faim, ce n'est pas son revenu entier. Il a touché 30.4 millions de dollars l'année passée. On comprend alors aisément qu'ici on ne fait pas de golf gratuitement.
Penser que ces réalités n'existent qu'aux États-Unis, c'est se tromper.. Ainsi les Top-Shots des entreprises locales comptent parmi les arnaqueurs les plus hardis. Le CEO du Crédit Suisse Dougan, avec ses 19.2 millions de francs, Vasella de Novartis avec ses 42 millions de francs ou bien Grübel de l'UBS avec 16.1 millions de francs ne sont pas inférieurs à leurs potes d'outre-mer.
C'est une question qui se pose ici: Pourquoi les managers peuvent se payer ces sommes? Beaucoup répondent : c'est le marché ! Car si les meilleurs managers n'étaient pas rémunérés de manière généreuse, ils changeraient d'entreprise et c'est ce que personne ne veut vraiment.
Comme trop souvent, si le marché est mis en avant comme réponse, on doit s'en méfier. Et cela est tout à fait justifié. Car d'un côté le manager mobile et global, qui change d'entreprises multinationales comme de sous-vêtements fait parti des mythes. C'est ce que montrent deux études récentes: effectivement, la plupart des membres de la direction proviennent du même pays que l'entreprise et sont à son service depuis des années.
De l'autre côté les résultats d'une autre recherche se tournent contre le marché parfait des managers. L'étude conclut que ce ne sont pas les mécanismes anonymes du marché qui sont décisifs pour le montant des revenus, mais les réseaux de pouvoir personnels. Entre managers on se connaît. Par le biais de leur la formation, des meetings ou d'autres patrons. Et si on s'apprécie personnellement, on s'appelle mutuellement aux conseils d'administration. Entre ceux et celles avec les mêmes idées on peut être sûr qu'ils/elles se payent des salaires loin d'être misérables.
Les salaires sont aussi élevés car les managers s'entraident. Et pas parce que le marché demande les meilleurs, les plus aptes ou les plus responsables. Cela signifie finalement aussi que la bande des managers peut se servir de manière éhontée aux dépens de tous les autres uniquement grâce aux positions de pouvoir qu'ils détiennent au sommet des entreprises.
